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 Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval

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MessageSujet: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Sam 18 Avr - 22:20



03. Dernière bouffée d'Amyrabad. | La veille du départ -


D'un geste ample, Âme Sel déploya la large cape sur ses épaules. La fourrure qui la recouvrait, bien que dense, était doublée d'une couche de soie, et elle fut surprise du contact frais qui en résultat. La chaleur de l'empire, qui lui était déjà insupportable, lui avait fait redouter ce premier contact. Mais le propos de l'artisan n'étaient pas mensongers : un  équipement de cette qualité protégeait du soleil au zénith, et épargnait la morsure des nuits glaciales du désert. La jeune femme passa la main sur l'étoffe, en appréciant la douceur, s'émerveillant une fois de plus du réalisme de ce jeu. Elle imaginait bien les codes ayant été mis en place pour rendre chaque équipement de niveau supérieur plus soyeux que le précédent.

Le départ pour Javikhölm était prévu le lendemain matin. La semaine avait été éreintante, mais sa nouvelle protection palliait un peu aux épreuves qu'elle avait du endurer pour l'acquérir. Par elle, elle dépassait un nouveau stade. Désormais, elle était heureuse de sa progression – et ne gardait un souvenir douloureux que de sa confrontation avec le tigre. La fourrure de celui ci resterait longtemps précieuse à son inventaire.

Avant de partir, la joueuse avait sommé Apfel d'être parée : cela valait pour elle aussi. La journée était encore neuve et le soleil clément. (Ce qui était quasi exclusif aux premières heures de la journées, les soirées devenant presque trop fraîches pour quiconque n'avait pas de pull sous le bras) La marché crépitait, en pleine heure d'effervescence. Les senteurs d'épices se mêlaient à l'odeur des bêtes, des hommes et des fleurs. Les volutes de thé s'étiolaient entre les toits de toiles, et des nuages de volutes ambrées se frayaient entre les pieds des passants. Les joueurs de tout horizons venaient voir, se pourvoir en nourriture et en item. Pourtant, ceux a réellement progresser dans le jeux n'étaient pas si nombreux : et on était surpris de voir des couples, des groupes d'amis, des demoiselles a la recherches de denrées de cuisine ou des artisans de minerais. En somme, on assistait à une réelle effusion de vie.

Âme Sel flânait lorsque ses pupilles claires se posèrent sur une cape similaire à la sienne, posée au bord d'un établis.  Intriguée, elle en cherchât des yeux la porteuse -ou le porteur-, pour poser le regard sur une nouvelle surprise. Hésitation – sourire.
Ses doigts fins se posèrent sur le socle de tes grosses lunettes encrassées de poussières de cendres pour les soulever délicatement, révélant des yeux cernés de grands cercles clairs.

« Hey, Salut. » Ça tombe bien, elle avait justement pensé te contacter avant son départ. « Qu'est ce que tu farfouilles ? »

~


Dernière édition par Âme Sel le Dim 26 Avr - 10:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Dim 19 Avr - 11:02







L'acier tintinnabule joyeusement dans mes oreilles. Un son qui n'est pas rond en temps normal. Mais avec l'essaim d'outils qui frappent à cadence alternée, on en entendait plus qu'un nuage, un monstre de fer qui roule sans repos. Je me trouvais être dans son ventre, parmi d'autres, à frapper la forge. Noyé dans le boucan, j'étais de ce tout. Où chacun de mes gestes trouvait sa succession dans ceux des autres.

A ma droite, une lame fraiche plongeait dans l'eau. Un sifflement strident puis une bouffée de vapeur qui vint masquer mes verres. Je continuais de marteler, impassible, battre au rythme d'un coeur magmatique. Avalé par la fournaise. Je sortirais d'ici renouvelé d'une lame née de mes mains. Je l'instruisais autant que j'apprivoisais la matière. Et ça prendrait du temps. J'osais un coup décisif sur la lame encore brute. Je voulais garder la forme authentique, laisser les lois qui m'échappent équilibrer l'arme d'elles même. En relevant mon marteau, je sentais quelque chose obstruer ma vue et la lueur vint percer mes yeux tous embués. La sangle draguait ma tête, j'ai ce reflexe de vouloir garder l'objet enserré là. En voulant l'attrapper avec mes mains ganées, mon geste part plus loin qu'il ne l'eut fallut. C'est seulement à ce moment que la lumière se lève pour cerner le visage d'Ame Sel, maintenant souillé de cendres par ma maladresse. Une marque grossière qui lui barre le nez et une partie de la joue. Quelque chose me tord le ventre et me coupe toute envie de dire quoi que ce soit. Toujours gantée, j'avance ma main criminelle pour tâcher d'essuyer cette trace sur son visage, je m'applique à ne pas faire ça trop fort. Et ça me demande absolument toute mon attention. Je me dérobe comme ça à son regard et retire ma main pour rajuster mes lunettes relevées sur mon front. Quelques secondes pour sonder l'atmosphère de cette situation et j'abaisse les yeux sur mon ouvrage.

''- Attends...''

Mon hésitation se range de côté le temps pour moi de m'emparer de la lame d'un blanc irradiant et de la déposer dans un épais tonneau empli d'eau. La vapeur se jete à mon visage mais je maintien la lame au fond quelques minutes, la ressort. Ses caractéristiques s'affichent au devant, je prends le temps de jauger le travail et la laisse reposer dans mon inventaire. Seulement à ce moment, j'en reviens à l'archère. De mes boucles tombent quelques gouttes tièdes. Elle porte ce manteau zébré... plutôt majestueux. Ca ne la change pas tant que ça. Je cherche mes mots. Je sens ma main tirée en arrière, Kloug pince un de mes gants, l'air insistant. J'ai ce soupir bref, réconciliant et je me décide à retirer mes gants. Absorbé par ces derniers, j'arrive enfin à articuler quelque chose.

''- Il aimerait quelques figues, je pense. Les figues, tu aimes ça ?''



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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Dim 19 Avr - 19:59




« Ha ! » Âme sel eut un mouvement de recul, surprise par ta main perdue. Tes yeux s'ouvraient et se déformaient, peignant la concentration sur ton visage. La demoiselle demeura immobile alors que tu rapprochait à nouveau ta grosse main gantée de son visage. Le petit geste de frottement était trop amical pour être évité, même si la suie maculant le tissus avait de quoi faire pâlir. (ou l'inverse, haha.)
Un peu gênée Amsel n'osa pas dire quoi que ce soit, réfléchissant activement à la thématique « SAO-Renaissance et les taches » : les objets avaient des barres de vie, les salissures n'étaient pas communes, ou programmées d'avance... Les fichus rares, et elle n'avait aucune idée de quelle tête elle pouvait bien avoir. Dans le doute, elle passait, très légèrement, un doigt sur l'arrête de son nez, qui lui revint noir. Un souffle amusé. Il faudrait palier à cette bavure d'une manière ou d'une autre -  Mais tu en distrayais son attention.

La lame que tu avais selon toute vraisemblance forgée de tes mains était épaisse et biscornue : ça et là, les coups de marteau ayant travaillés le métal était encore nettement visibles – mais non moins plaisants. Et contre toute attente, l'objet une fois soulevé entre tes mains semblait équilibré. Ou du moins, adapté à ta personne – un peu comme le manteau, moins élégant que le sien, plus brut mais chouette quand même que tu t'es également procuré.
« Bah, ca va oui j'aime bien. » Répondit elle tout simplement, adressant un regard tendre au grozoziaux. Elle se permit de lui gratter vigoureusement la tête comme elle l'avait déjà fait au bar : il émit un cri et mordilla goulûment son doigt, sans gravité.« Et j'en ai vu sur un établis tout a l'heure, on peux aller en chercher.»


Suite à ces mots, Âme sel retourna les talons avec souplesse, t'adressant tout juste un regard par dessus l'épaule avant de déserter la zone de forge pour regagner l'effusion du marché. Les gens s'agitaient, les éclats de voix des commerçants fusaient pour se fondre dans un charmant tintamarre étouffé par le sable et la chaleur. D'un pas vif, elle se frayait un chemin, roulant des épaules et jettant parfois des petits regards en arrière. Tu semblais suivre tant bien que mal, Kloug glapissant entre tes bras. L'établis fut rapidement en vue, et le temps que tu arrives, Amsel tendait d'un geste triomphant un fruit superbe en direction de l'oiseau dont les yeux s'illuminaient de milles feux.

« Oh... » Le regard de la joueuse avait changé, elle s'était fichée sur place. Ses prunelles claires prenaient la lumière et se détournaient, comme attirées par un charme, du rouquin et de sa bête. Comme tirée par le mouvement de ses yeux, son corps tournait. Et son bras, devenant souple, échappait au bec de l'oiseau – ses doigts lestement abandonnaient le fruit au vide. Elle ne laissa pas tomber cependant le sac gorgé de figues qu'elle tenait de son autre main, et au lieu de cela s'éloignait avec, deux étals plus loin.


« Est ce que … ?  » L'homme au menton seyant lui adressait un large sourire denté.  « Exactement ce que vous pensez Mademoiselle ! Fraîches des royaumes de vapeur.  » lle avait déjà entendu les cités État être appelées ainsi, dans la région. Les yeux d'Amsel brillaient à leur tour, trahissant la Lenore qui pétillait au fond d'elle. C'était trop beau.

Une cigarette à la main elle t'adressait un sourire radieux. « Je n'y croyais plus! » Elle avait cherché, pourtant. Mais aussi quitté Mankuchuo trop tot, et peut être le jeu n'avait il pas encore débloqué la Feature. « Tu en prends aussi ? »
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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Lun 20 Avr - 8:29








Ses yeux pâles surprirent les miens. Par magnétisme, mes pas embrayèrent le sien. Ce après avoir enroulé ma cape autour de mes épaules. Kloug tenait dans mes bras, moins bien qu'au premier jour.  A ce moment, elle lui flattai le dessus de son crane. Kloug mordillait la main de l'archère avec un quelque chose d'espiègle et affectueux. J'enviais la réaction de l'oiseau à son geste, quand elle n'avait eu que cet air sceptique après que j'eus essayé de nettoyer la tâche marquée sur son visage, lui, piaillait gaiement. J'ai ce réflexe de caresser le dessus du bec de l'oiseau. Avec moi il ne mesurait pas son chahut, autant, pour Ame Sel, ses mains lui étaient sacrées, autant qu'il la ménage. Rester dans le sillage de cette fille, c'était comme ondoyer au milieu des passants. On s'engouffrait sans jamais heurter qui que ce soit. J'étais sourd aux marchands à la criée, aux négoces qui s'enflammaient à même le trottoir. Mon épée se tenait à une sangle dans mon dos. Son poids déterminait chez moi une autre démarche que d'habitude. Comme il y a mille façon de mettre un pied devant l'autre. En ça, Âme Sel avait quelque chose qui allait au delà du seul savoir faire. Non pas qu'il différait, qu'il dénaturait l'idée de marcher, l'idée des gestes, de se tenir, plutôt qu'il en sublimait quelque chose de plus profond et naturel. Je me sentais incapable d'une telle adresse. Pas avec ce corps qui ne ressemble en rien au garçon que j'étais il y a encore de ça quelques jours. Et d'avoir l'aisance d’Âme Sel pour conduire mes pas, alors envolée ma gaucherie. Kloug ne cessait d'ébrouer ses ailes frénétiquement dès que devant nous, on se mit à agiter un sac empli de fruits frais. Une fois arrivé à son niveau, j'allais tendre la main vers elle quand je la cernais distraite. Elle virait de bord. Le sachet, entraîné par son tour manqua de justesse de se faire happer par les incises de l'oiseau rendu impatient. Je mimais de la suivre, mes iris  s'arrêtèrent à ce bâtonnet étroit pressé dans les mains de la fille. Rendu confus par les remous du motif de son nouveau manteau, je n'avais d'autre choix que de me laisser contaminer. Je cédais à l'invitation.

Kloug branlait dans ailes dans mes bras, je finis par le laisser choir par terre. Vautré dans la poussière, l'oiseau se mit à glapir contre les jambes d’Âme Sel, sans perdre de vue les figues détenues par la fille à la tunique striée d'éclairs noirs. Quant à moi, je m'avançais auprès de l'étal. Le marchand s'enquiert de mon désir. ''Ca.'' résolut la question, en désignant ce que détenait Âme Sel. Un Paquet de Cigarettes de Manchukuo gagnait mon inventaire. J'en pris une sur les vingt. Une fois la cigarette dans ma main, je pris le temps d'en humer le parfum. Des herbes séchées, ça ressemblait à du thé. Très différent de celui d'ici.... Mais avec Kloug qui n'en démordait pas de faire sa sérénade, je libérais mes mains en coinçant la cigarette entre mes dents et ramassais le plumeux. Il battait un peu des pattes, si bien que je fus obligé faire ce léger sursaut pour l'ajuster dans mes bras. Comme si ce tas de duvet dégoulinait de mon étreinte. Je relevais mes yeux citrons vers la face barbouillée de mon ancienne camarade de quête. J'avais les lèvres pincées, à me demander si elle pouvait éprouver de la gêne d'avoir encore cette mine charbonneuse. Les cernes lui allaient bien pourtant. Je jaugeais les nuées de flâneurs et me glissais dans les ouvertures, droit vers une rue plus étroite, à l'ombre des bâtiments et des jardins sur terrasses.

''- On trouve des fontaines devant certains pavillons... si on prend les petites rues sous les jardins.''

Le murmure sourd du marché fondait petit à petit, laissant claironner les quelques perruches cachées dans les massifs de mérisiers ou de lilas. Puis, très vite, dans le bleu de cette pénombre, une sculpture fixée contre une paroi, juxtaposant un portail en fer, offrait son vasque dans laquelle l'eau frissonnait discrètement.


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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Mar 21 Avr - 14:09




C'était au tour d'Amsel d'emboiter le pas à Facteur Cheval, un poil tant bien que mal – celui derrière était toujours condamné à une progression plus périlleuse. Tu disparaissait entre les 'Myrabadiens, et la jeune femme, si heureuse d'avoir enfin retrouvé son addiction, t'aurais suivit n'importe ou : du moment qu'elle avait la certitude de la fumer au bout du chemin. Elle avait tant patienté et du se faire violence depuis le début de leur enfermement dans le jeu, qu'elle n'était plus à quelques centaines de mètres près.

Ta silhouette chancelante se dessinant au clair de la ruelle avait quelque chose de peu convainquant et fragile. Ton épée gauche branlait dans ton dos, semblait parfois faire chavirer légèrement tes pas. Tu ne payais pas de mine... Quel âge avais-tu, à vrai dire  ?

La rue déboucha sur une place étroite percée de lumière, ou des pavés un peu désordonnés cohabitaient avec la structure d'une fontaine élégante Et discrète. Amsel s'y arrêtait et demeurait muette quelques instants, s'imprégnant de cette ambiance si douce. La vue de l'eau lui rappelait les tâches sur son visage - posant sa cigarette sur le rebord de Pierre, elle plongeait ses mains dans le liquide clair pour s'en maculer le visage. Il commençait à faire plus chaud... des lieux comme celui ci n'étaient que trop agréables.
Sevrée, elle se redressait pour se rendre compte qu'elle avait oublié quelque chose  : un détail important. Se tournant vers toi, elle l'explicitait. « Attends, j'ai oublié quelque chose. »  Et se volatilisait à tire d'ailes.

Pour revenir près de dix minutes plus tard un petit bout de métal ouvragé et sombre à la main. Le vendeur avait fini par le lui offrir, ce briquet. (Elle avait aussi acheté quelques boîtes supplémentaires de cigarettes, en même temps.) Et sur le chemin de son excursion, elle avait prit le temps de réfléchir "à toi". A vrai dire, tu t'étais saisit de l'objet un peu par mimétisme, non  ? Le petit rouleau au coin de tes lèvres avait l'aspect des cigarettes de collégien, fichée la sans trop de conviction, "parce que je crois que c'est comme ça qu'on fait". En même temps ton avatar faisait jeune et avait quelque chose de, hm, malhabile.

La jeune femme mettait feu au poison qui avait gagné ses lèvres, et en tirait une bouffée avant toute autre chose. Elle s'arrêtait, inspirait, soupirait un nuage de fumée. C'était... partiel. Les pensées tendues vers ses poumons, elle essayait un instant de se décrire la sensation. Mais les mots ne venaient pas.

Ses yeux se fichaient sur toi et ta clope au bec - après tout c'était un jeu vidéo, avec son lot de substances et de sensations virtuelles. Considérant cette ambiguïté, elle tendait le bras pour laisser les braises entamer la tienne à son tour.  

« Alors comme ça, tu fumais, dans le monde réel  ? Je suis curieuse de savoir quel âge tu as vraiment. »

Va savoir, compte tenu de tes goûts... somme toute un peu bizarres. Si ça se trouve, c'était une artiste excentrique quadragénaire qui jouait facteur cheval  ? Même si parfois, tu donnais l'impression d'être un nouveau né au monde qui t'entoure. Si jeune...
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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Mer 22 Avr - 8:11







Prostré contre le mur, à t’observer te rincer le visage, je ne dénombrais pas les minutes que prirent ton aller-retour. Dans cette ruelle à l’abri de la course du soleil, le temps est muet. Cette courte absence ne marquait pas la page de cette ballade. Revenue, je te vis faire naitre le feu dans le creux de tes doigts et le porter au bout de la cigarette. A la fin de cette petite branche brille une braise nouvelle. La fumée se libérait depuis ta bouche à peine entr’ouverte. Tandis que je mâchais la mienne distraitement, tu reproduisis ton geste, portant le feu à ma propre cigarette. Ca irritait mes yeux, me fit cligner plus que d’ordinaire. L’odeur me rappelait un feu de bois, moins opaque. Je n’entendais pas quelle saveur je devais tirer de ce charbon. Peut-être était-ce courant de s’échanger un peu de chaleur à bout de lèvres. Comme de partager un verre de « whisky ». Et de là je n’entendais pas le rapport avec mon âge. Mes yeux trahirent cette incertitude. "Réel", peut-être avais tu aussi vécu ce réveil étrange où le corps que tu avais connu avant, auprès de ton parent, avait changé pour le lendemain. Je tâchais de rassembler les images que concernaient cette transition mais tout ce qui me parvint en mémoire ne fut qu’un cirque de silhouettes débiles, quelques lueurs blafardes et des secousses. Comme ça, seulement à y repenser, ça n'a pas l'air important. Mais de forcer cet épisode à surgir, mon ventre s’en sentait mal. Et je me trouvais détendu par ce pâle écran de fumée devant mon trouble.

"- Non." Que je me contentais de répondre.

J'ai rétorqué vite, ne pas marquer la page. Car je savais aussi que tu comprends des mots que j'oublie de prononcer, je ne sais pas ce qu'il en est de ceux que j'écarte. Tu engages la parole avec tes yeux. Moi je ne sais pas où les ranger. Ce n'est pas toi que je vois. Même si je t'écoute et que je t'observe en même temps. Je ne fais que regarder la place que tu prends. Comme cette image de toi dans la cuvette. Image que je balaie sans détruire, qui se remonte inlassablement sans jamais s'inscrire dans des contours nets. Oui, car jusqu'ici, tu rends tous les cadres de vue perméables à d'autres angles, d'autres saillies.

J'avale tout le savoir, les mots que tu me prodigues car on s'est vu attraper Kloug ensemble alors qu'on était démunis dans cette ville étrangère. On appartenait pas aux murs d'ici, et, parce que l’on n’est pas du même sang  mais que l'on a eu un parcours similaire, ta silhouette et la mienne qui ondulent en écho dans la fontaine. Cette zone, on l’a arpentée sans l’autre et voilà que l’on se retrouve façonnés pareillement. Tu foules des sentiers parallèles aux miens et je sens que quelque chose m’empêchera toujours de croiser ta route, pour comprendre, parler ta langue, tes gestes. Ah je ne le saisis qu’à cet instant, tu ne te contentes pas de laisser le bâton se consumer. Alors moi aussi j’essaie de respirer par les herbes. La fumée qui me sort par le nez chatouille. Je fais cette moue sceptique, ne sachant pas trop si c’est agréable. C’est ludique. J’ai vu les gens rire, toi, très peu. Pourtant tu sembles t’amuser de tout, en secret. Kloug pèse sur mon bras mais ne bouge plus. Je le fais basculer par-dessus ma tête et le laisse reposer dans ma large capuche. Un peu perturbé, il relève sa tête pour sonder les alentours. Il se recouche. Occupé à ranger ses ailes au mieux en me désarticulant, je m’échinais à regarder ce que j’entreprenais en posant cette question.

‘’- Pourquoi tu demandes ça ?’’ La cigarette remuait dans ma bouche que j'osais à peine ouvrir. J'ai cette voix feutrée qui roule sur des timbres plus graves, plus accidentés que celle de mes habitudes. Comme si, par avant, elle empruntait des chemins que portaient le vent ou le clair du ciel. Quand celle qui sort maintenant surgit de la pierre. Ce partage entre le son qui s'exprime dans ma tête et celui de la parole me donne le vertige. Par réflexe, je passe ma main sur un flanc de mon visage et y effleure la bouche. Elle est bien mienne. Comme cette main aux doigts rouges sur laquelle atterrit mon regard éteint.




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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Jeu 23 Avr - 17:22




Le manque d'habitude se lisait dans tes gestes – tu étais déjà trahis avant même de répondre – Amsel s'en amusait, mais son sourire fut chassé par le voile qui survola ton regard. Elle se tut, pour mieux te laisser répondre, avec le temps que cela nécessitait. Avait elle dit une bêtise ? Cela lui semblait peu probable... Un mauvais souvenir, peut être.

« Je te l'ai dit. »  Répondit elle. Ses poumons s'emplirent de fumée, ou du moins lui en donnèrent l'impression. La douleur lui brûlant habituellement la gorge était sourde, la sensation la laissait perplexe – mais tu occupais suffisamment son esprit pour qu'elle se convainque de ne pas trop y penser (pour l'instant). « Je suis curieuse. »  

Elle rencontrait les reflets dans l'eau, se laissait aspirer par leur lente et perpétuelle résurrection sous tes doigts. L'image s'immobilisait – tu regardais ta main. En te voyant ainsi elle se reconnaissait, faisant le même geste il y a quelques semaines de cela. Âme Sel se retint, ayant suffisamment répété ce manège, identitaire.

« Et puis, la situation a changé bien des choses... Je m'habitue tout juste à ce corps. Si féminin...Je me demandais ce qu'il en était pour toi ? » A vrai dire ça n'était pas tout à fait vrai... Enfin, elle ne souhaitait pas tout à fait parler de ca, mais, la situation s'y prêtait. En tout cas, sa curiosité se portait plutôt sur ce décalage, à ton échelle – elle s'amusait depuis des semaines à regarder les gens en se demandant distraitement comment ils étaient en vrais, lesquels de leurs gestes étaient ceux de l'habitude, et lesquels ceux de l'esprit libéré, du jeu. Elle s’amusait à relever les poses trop théâtrale, s'opposant aux dissonances qui survenaient parfois entre l'apparence de l'avatar et certaines manières. Chez toi, celles ci révélaient une étrange saveur, qu'elle ne s’expliquait pas jusqu'ici.

Ses prunelles argent étaient désormais rivées sur toi. Comme si elle cherchait à te percer à jour. Un peu de force, sans doute – au travail, les gens avaient souvent pris peur. Quand elle s'y mettait. Et oui, elle s'en amusait, beaucoup. Elle n'appréciait pas toujours les gens, en général – elle ne se moquait pas, mais aimait bien, par contre, leur faire un peu peur et s'en amuser. Parfois, elle le faisait affectueusement, pour sonder une personne qui lui était sympathique. La, elle le faisait avec sérieux, saisie par la sensation d'avoir mis le doigt sur quelque chose qu'elle n'avait pas soupçonné. Avec du recul, elle se serait trouvé cruelle – elle n'avait pas infligé ça à Agnes. Mais le mal était fait, désormais.
Elle détournerait le regard au moment juste, celui ou l'on bascule. A l'instant ou tu transparaît, mais sans te laisser le temps d'être agressé. C'était du moins ce qu'elle espérait, si elle y parvenait.
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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Lun 27 Avr - 9:43








Je laissais tes mots planer au dessus de moi, hors de portée. Ma main retombais près de mon flanc, je l'observais en biais quelques secondes avant de relever mes iris vers toi. Avec un regard de dessous. J'avais ces quelques mèches de cheveux au devant qui m'offraient un paravent à ta curiosité. Je me murais tout seul. Parce que déjà, j'appréhendais la façon qu'avait ma parole de se délier encore jamais expérimentée. Que je me sentais dépassé par la vitesse à laquelle elle enchainait, elle creusait, plus loin toujours.

J'allais m'en aller. J'avais tourné les talons pour m'enfoncer plus loin dans la ruelle et me perdre dans les plantations d'opium, noyer mes pensées avec la lame de mon épée. J'ai cette habitude de laisser les autres derrière une fois que ça me dépasse. Seulement pour reprendre mon souffle. Les dialogues avaient le don de construire une cage. Mais à peine eus je fais deux pas que tu te mis à parler de ta propre carcasse avec autant de distance que j'en mettais avec la mienne. Ce fut assez pour me stopper. Ça se mit à tourner violemment au dedans. J'ai cet oeil hagard quand je croise le tiens. La sensation que tout ce magma indicible se voit inonder d'une cascade de givre. Je lutte, combien c'est dur de rester focalisé dans ton regard. Moins, désormais que j'entends mieux ce que tu veux signifier. Je maintins ce lien aussi longtemps que possible, comme si j'étais enfin parvenu à te jeter une ancre, comme si cela te suffirait à te figurer tous les mots que j'essaie de modeler autour de ce mal être.

Puis tu baisses les yeux au moment où la vérité allait t'atteindre. J'en demeure pantois quelques secondes où à mon tour, je bouge ma tête en bas. Sans m'en sentir blessé, cela ne fait que me conforter dans mes retranchements. Seulement, je me sens cette fois plus invité à te répondre à coeur ouvert. Tu fais surgir des pans demeurés obscurs jusque là. Si bien que c'est la voix du garçon que j'étais avant qui choisit mes mots.

"- Il ressemble à celui de mon père." Je retirais la cigarette de ma bouche. Elle était en fin de vie. " Il est trop grand."

Pour beaucoup, on me dépassait encore d'une tête. Mais ce n'était rien en comparaison de ce que j'incarnais avant ce "réveil". Cette "situation" comme tu l'entendais. Ame Sel, tu l'aurais vécu cette métamorphose aussi subitement? Quand je relève mes yeux vers toi, je garde mes lèvres entrouvertes, juste assez pour lire cette ligne de crocs indigente. C'était comme si la seule raison pour laquelle j'étais demeuré dans tes parages était cette pièce du puzzle que tu détiens sans que je puisse me douter que tu recelais pareil trésor. Non, à aucun moment tu n'avais laissé d'indice. Tu incarnais toute seule une énigme, pleine. Tes questions sont bidons. En vrai, tu n'es curieuse de rien, tu joues. Sans te moquer, j'ai juste semé derrière moi assez de morceaux que tu as recollé à loisir pour toucher mon essence. Ame Sel, est ce que tu cherches à faire le mal?

L'air flottant sur mon faciès se durcit. Je me renfrogne. Tu m'avais fais parler de moi et laisser ma conscience se féconder d'une notion que je n'avais jamais ressentis. Savoir que j'étais être, la conscience d'être, aussi distante du simple fait d'exister. Un parmi les autres, tandis qu'avant, ce n'était que moi et le monde. Tu m'avais écarté du monde et maintenant, je dérive. Brisée, l'ancre. Je ne m'en pose pas la question d'ordinaire, mais tu es parvenue à faire sombrer l'être que j'étais jusqu'à le rendre étranger. Je me sens réduit au ridicule dans mon propre carcan.

"- Tu as déjà connu ça ?" Je demandais, amorphe.

Oui, oui je t'en veux, mais je ne peux pas te rejeter. Je te déteste mollement et tu attires mes pas plus fort que tu me fais freiner dans mes peurs. Je ne sais pas où tu m'emmènes, mon coeur hurle de faire demi-tour. Même si tes yeux pâles avortent la haine, même s'ils intiment de ne rien craindre. C'est un trop grand péril de s'enfoncer dans le brouillard d'inconnus.


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MessageSujet: Re: Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval    Dim 3 Mai - 13:53



Amsel était parvenue à te repousser, selon toute vraisemblance – mais tu ne partis pas. Elle baissait les yeux trop tôt, cependant… Et en laissant se lien céder, elle te livre à toi-même ? La jeune femme ne te connais pas, mal, pas. Elle ne sait ni tu es, ni ce que tu as traversé. Dans ce monde, c’est ainsi avec tout le monde. Confrontés à réelle virtualité , tout ces gens se sont glissés dans un carcan, contraints d’épouser des masques qu’ils ont eux même choisis. En un sens, Agnès avait raison : ca change un homme.

Elle n’avait pas souhaité te brusquer, même si elle avait cédé à ses envies sur le coup, c’est vrai. Désormais son regard épousait le pavé alors qu’elle écoutait ta voix grave, patiemment. Ton père ? En disant celui, elle n’était pas sure que tu parles de son corps ou de son avatar… Mais en tout cas, tu n’avais pas l’air à l’aise avec le tiens. Par contre, elle entendait mal ce que tu voulais dire par « trop grand », la ou ton corps actuel était à ses yeux bien plus petit que son propre corps véritable. Fallait-il y comprendre que tu étais tout simplement très petit irl … ? En même temps, tu n’avais pas daigné divulguer ton âge.
Des papas avec leur enfant, Amsel avait eu le temps d’en voir. Ça n’était pas si rare, dans ce jeu – des frères et sœurs, aussi. Mais toi, tu étais seul. Et tu n’avais jamais énoncé la possibilité que tu fusses à la recherche de quelqu’un. Alors, elle ne savait pas qu’en penser…


Ta question la désarçonna d’abord, elle demeura muette. Si elle avait déjà connu ça avant, sans doute. Ce type de jeu, ou cette situation d’enfermement ? Va savoir. Tes formulations avaient souvent quelque chose d’un peu absurde et vague, biscornu, qui te posais en décalage avec autrui – c’était en tout cas ainsi que le ressentait Amsel. Malgré tout, elle faisait l’effort d’essayer de te suivre, de te répondre. Mais sans trop savoir ce que tu voulais dire ou recherchait exactement ; les intentions de la masse étaient habituellement bien plus lisibles.

Son regard avait retrouvé tes traits, elle cherchait les bons mots, pressentant que cette conversation était bien moins anodine pour toi qu’elle ne l’était pour elle. Elle devinait quelque chose de troublé et agité, dans le fond. Mais se gardait bien de vouloir le déterrer cette fois ci, se contentant le plus naturellement du monde de ne pas rencontrer tes yeux. Elle éteignait sa cigarette, la laissait tomber au sol – arrivée au terme de sa barre de vie, elle se désagrégeait en polygones avant même de l’avoir atteint. Elle s’apprêtait à s’en prendre une seconde, mais pris la parole.

« Non… » Á vrai dire, pour elle, tout cela était une première. A bien y penser, elle s’y acclimatait bien. Mais bien qu’elle n’endosse pas du tout le même type de femme, elle était restée dans une moyenne confortable. Sa main droite avait gagné son bras gauche, qu’elle parcourait distraitement en une caresse, ses pensées tournées un instant vers la sensation.  « C’est la première fois que je joue à un jeu en réalité augmentée, je suis un peu Old School.  »

Ces dernières vraies (et intensives) expériences de jeu devaient remonter a la ps4 et des jeux de portable - autant dire que ça faisait un sacré bail. Elle n’avait pas perdu ses réflexes, et les bonnes vieilles mécaniques restaient les même : mais le niveau d’immersion n’était alors sans commune mesure avec ce qu’elle vivait maintenant. Elle aurait pu se tenir au jus, quand même… Mais sa vie professionnelle, et le besoin naturel de sommeil, avaient pris le pas sur son temps libre.

« Du coup, j’ai jamais eu d’avatar avant, enfin comme ça. Moi, c’est mon vrai corps - qui est plus grand.» Un sourire étira ses lèvres. « … Et je n’ai jamais été aussi féminine.  » [/center] Elle émit un léger rire. Finalement, parler un peu la délestait de ses craintes – même si tu semblais troublé, il n’y avait pas de quoi en faire un drame, et elle n’allait pas prendre des pincettes sans raison.
« Et toi ? »
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Dernière bouffée d'Amyrabad. | w. Facteur Cheval

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